Quand je regarde autour de moi

Posted by on April 16, 2011

je vois une armée de stylos au garde à vous qui écrivent, écrivent, écrivent. On dirait un corps de ballet. Ils font un petit bruit délicat en glissant sur la feuille, comme les chaussons des ballerines sur le plateau de l’opéra. Mon stylo lui aussi fait partie du ballet, il danse avec les autres.
Il y a le stylo nerveux, qui file, qui tente (en vain ?) de suivre le cours de la pensée de son propriétaire.
Il y a le flâneur, qui divague, hume l’air, reste suspendu en l’air, comme s’il cherchait à sentir autour de lui l’inspiration.
Il y a le tranquille, voluptueux, gracieux, qui virevolte, glisse, élégant comme les cygnes.
Oui, même dans un corps de ballet chaque danseur a son style.
Il se passe quelque chose de particulier lorsqu’on écrit seul en groupe.
Il y a ce corps de ballet, cet ensemble de solistes qui se meuvent avec grâce, pirouettent, s’élancent sur la page blanche, chacun à son rythme et pourtant à l’unisson. Ensemble. J’entends une chorale de chuintements, de bruissements, de frousfrous, de froissemement, de frémissement, de sifflements, de murmures… Et comme les musiciens de l’orchestre, les stylos tournent les pages de la partition qui est en train de s’écrire.
“Tiens, le stylo plume entame un nouveau solo. Là, c’est le feutre noir qui continue sa partition de basse.”
Et les pauses, les silences, si précieuses en musique, prennent ici aussi tout leur sens.
Quand je regarde autour de moi, je suis happée par tous ces visages baissés, concentrés, tournés vers les feuilles. Et le choeur des âmes qui se posent délicatement sur la page plus si blanche est si doux, si tendre, si émouvant.
Bird by bird.
Oui, ce sont des oiseaux qui viennent se poser sur la branche de la ligne. Et qui attendent d’autres oiseaux qui se poseront à leur tour.
Bird by bird.
Un mot après l’autre.

Bien joué !

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